EDITO
Terres d'accueil ou d'écueil?
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Regards croisés sur l'hospitalité
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Au marché central de Bukittinggi, Sumatra-Ouest, Indonésie |
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à droite : Retour d'école et vue générale de la ville de Dalat, Vietnam |
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au centre : Jeunes filles du nord des Philippines à droite : Mère... porteuse à Lombok, Indonésie |
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"Si
le climat était une banque, l'Occident l'aurait déjà sauvé!"
Evo Morales &
Hugo Chavez, présidents de la Bolivie et du Venezuela, à Copenhague,
17 décembre 2009.
Mauvais temps sur la planète Terre.
A côté d'un climat qui ne réchauffe guère que les
bonnes consciences, c'est l'hospitalité qui un peu partout se voit mise
à mal - à sac même - par des gouvernements frileux. Si l'air
devient effectivement irrespirable, nos dirigeants, eux, sont depuis belle lurette
irresponsables. Faut-il alors compenser carbone les charters pour Kaboul? Voilà
sans doute l'objet d'un prochain débat national... Ne serait-il pas plus
urgent - essentiel surtout - de repenser l'hospitalité? De la panser
avant qu'elle ne termine à l'hospice, terme qui renvoie à la même
racine sinon origine: l'hospice serait-il le dernier refuge où l'hospitalité
aurait le droit d'asile? Ou encore de la penser tout court? Sur le "papier",
comme on dit, tout le monde ou presque sera d'accord. Le problème, c'est
que des "papiers", justement, beaucoup n'en ont pas...
Entre l'accueil et l'écueil, il va falloir choisir... Non pas sévir
pour les uns ou subir pour les autres mais bien choisir ensemble.
Désormais, et c'est une première dans l'histoire de l'humanité,
plus de la moitié des humains vivent dans les villes, une situation qui
va progressivement - mais considérablement - modifier tant les manières
de voyager des touristes que celles des nomades en tout genre. Qu'elles soient
légales ou non, les migrations vont augmenter dans les années
à venir. Ces mouvements migratoires seront issus et causés par l'internationalisation
du marché du travail, le bouleversement climatique, l'insécurité
géopolitique, l'instabilité politique de certains pays ainsi que par
l'écart démographique en cours entre le Nord et le Sud. On ne
sait que trop bien - même si certains prophètes de malheur jouent
la carte risquée et malhonnête de l'aveuglement - que les jeunes
des Suds seront demain accueillis dans les pays occidentaux pour travailler
en lieu et place des personnes âgées des Nords. C'est un peu caricatural
mais c'est un fait irréfutable. Comme il s'agit ici de survie, ce n'est
qu'une question de temps... d'où le caractère aberrant de voir
un gouvernement s'obstiner à tenter de réveiller le sentiment
d'identité nationale - un combat d'un autre siècle aux relents
guerriers - et d'expulser les migrants non invités, au lieu de se préparer
aux véritables enjeux migratoires de demain... Voilà donc que
sonne l'heure des invités d'antan soudain invités à se
désinviter pour la grande fête de la nation soi-disant retrouvée,
refondée. Effondrée plutôt. On ne foule plus désormais
on refoule.
D'où provient la migration des peuples ? Pourquoi devient-on nomade ? L'homme
a de tout temps constamment cherché une vie meilleure ailleurs que chez
lui, c'est un fait incontestable dont l'histoire nous abreuve d'exemples pacifiques
et sanglants. La sédentarité n'est pas inscrite dans le patrimoine génétique
de l'homme: " Sapiens est par définition un migrant, émigrant, immigrant
" précisent E. Glissant et P. Chamoiseau en 2007. Seuls les arbres et
les plantes ont des racines. Celles de l'être humain, s'il s'avère qu'il en
possède, ne sont pas physiques mais culturelles. Elle ne sont pas uniques mais
multiples.
L'errance nomade est avant tout l'expérience de
la rencontre entre des hommes sur la route, ou plus précisément à la croisée
des chemins. Jadis comme maintenant, la rencontre est bel et bien ce qui rend
la vie possible. Souhaitable aussi, et heureusement même jouissive parfois.
La rencontre, toutefois, est mutuelle ou n'est pas. Elle ne se force pas et
jamais ne s'impose par la force. La rencontre s'accepte délibérément et volontairement,
elle se renforce et s'enrichit grâce à la curiosité, au respect et au partage
des savoirs. Savoirs locaux et globaux. Voir ça et là la diversité
féconde du monde.
Sous la contrainte, une rencontre n'en est plus vraiment une et se transforme
en une conquête: la rencontre est humaine et pacifique, la conquête est inhumaine
et guerrière. L'étranger restera " étrange " ou deviendra " national ", un choix
drastique et douloureux pour beaucoup, car souvent le processus opère une chirurgie
identitaire d'où le patient-demandeur a plus à perdre qu'à gagner. Non pas en
papiers officiels mais de lui-même. L'issue de ce choix est manichéenne à l'image
de l'ordre du monde actuel: assimiler ou rejeter, intégrer ou expulser. Autrement
dit: changer ou disparaître... Les termes comptent peu au regard des vies
bousculées, des destins défigurés et des parcours désespérés. Le sort de l'identité
personnelle des " arrivants ", demandeurs d'asile ou nomades en tout genre,
est livré - corps et âme en quelque sorte - à la froideur de l'administration
en place, et accessoirement à la classe politique et économique aux aguets.
Mais pourquoi renier une part de soi pour renaître et devenir autre, quelqu'un
d'autre ? Et quelque part d'autre. Les vies sont singulières et les souffrances
endurées par les uns ne sont pas celles des autres. Même constat pour les raisons
d'aller et de venir, d'errer ou de s'installer, de fuir ou de se terrer. Toujours
est-il également vrai que les identités plurielles ne sont pas encore dans les
têtes, alors sur les papiers… Les mobilités sont convoquées à exploser et les
identités multiples deviendront alors une évidence dans les vingt années à venir,
une évidence que seuls les dupes tenteront d'occulter et de nier.
En dépit des affirmations et gesticulations
de ses représentants officiels, le monde moderne a laissé et continue
de laisser nombre de ses habitants sur le bord de la route. Voire à les
pousser dans le fossé, à les repousser en tout cas. Des migrants
qui ne connaissent pas l'insouciance si typique du touriste, eux qui ne cherchent
qu'un toit et un peu d'hospitalité. En dix ans, plus de 13000 immigrés
noyés ont été retrouvés au large de l'île
italienne de Lampedusa (au moment où je rédige ces lignes, ce
sont surtout des Erythréens qui tentent d'accoster...), transformée
par les sous-fifres de Berlusconi en cimetière marin pour clandestins.
Le tout dans l'indifférence ou presque. Un réfugié - il n'est peut-être
pas inutile de rappeler cela aujourd'hui - ne " se réfugie " pas ni par simple
hasard, ni par pur plaisir, il ne s'est pas perdu en chemin vers des lendemains
prétendus plus enchanteurs... Dans l'attente qu'un système examine son
sort et son statut, il n'a le droit que d'errer sous étroite surveillance des
sbires des Etats qui l'hébergent, temporairement et surtout exceptionnellement,
sur son territoire. Sans discontinuer, le réfugié entame sans arrêt une longue
marche vers plus de liberté. Et tel un écho qui devrait stimuler nos actes de
résistance et d'action, en avril 2004, soit dix ans après la fin de l'Apartheid,
Nelson Mandela raconte dans ses mémoires, La longue marche vers la liberté,
son combat acharné et son obstination déterminée dans la foi dans la liberté.
A ce titre, pour le réfugié comme pour le résistant, comment ne pas rappeler
qu'il n'y a pas d'être humain illégal, il n'y a que des mesures illégales… Il
n'y a guère de liberté envisageable sans disponibilité totale de son libre arbitre.
Il y a 2500 ans, Confucius rapporta : " On peut priver une armée de son général
en chef, on ne saurait priver le dernier des hommes de son libre arbitre
". Wang-Yang-Ming, un autre penseur de l'Empire du Milieu, considérait avec
lucidité - et longtemps avant que libéralisme et communisme pactisent
pour que les Tibétains du toit du monde marche au pas militaire de la
Chine - que " la connaissance est le début de l'action ; l'action, l'accomplissement
de la connaissance ". Des pensées toutes en action qui préfigurent l'indispensable
autonomie des hommes. Mais également une philosophie retranchée qui a beaucoup
souffert depuis que l'homme s'est mis - plus officiellement et plus massivement
- à exploiter son prochain et à dominer la planète, le tout à grande échelle
bien peu humaine. Les écrivains Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau, dans
un brûlot salutaire (Quand les murs tombent, l'identité nationale
hors-la-loi?, 2007), rappellent que s'il y a bien eu des frontières pour
séparer et distinguer, " il y aura des frontières qui distinguent et relient,
et qui ne distingueront que pour relier ". C'est ce qu'il faut souhaiter.
Les auteurs poursuivent en montrant le bien fondé de l'identité-relation : "
Changer en échangeant revient à s'enrichir au haut sens du terme et non à
se perdre ". L'intégration hélas réclame au préalable la désintégration
de ce qui nous parvient et de ce qui nous revient. On ne construit pas sans
déconstruire avant cela.
On accuse l'immigration de tous les maux alors que ce sont les murs dans nos
têtes qui posent problème.
Et lorsqu'en France, en décembre 2009, des ministres en place comprennent
qu'on procède à des contrôles policiers au "faciès"
ou suggèrent que, pour devenir "réellement" de bons
Français, les musulmans "nationaux" devraient cesser de parler
le verlan et commencer à porter leur casquette à l'endroit, le
pire n'est plus très loin...
Berlin est " à l'ouest ",
preuve s'il en fallait que la ville divisée est bien passée en
Occident en même temps que dans les mains sales du capitalisme (voir
le photo-reportage à la fin de cet édito). En novembre 2009,
on redéboulonne en grandes pompes le mur de Berlin sans s'aperçevoir
qu'autour de nous de nouveaux murs, visibles et invisibles, s'érigent
à notre insu. Et, effectivement, l'heure n'est pas vraiment à la joie,
n'en déplaise à l'hymne européen un peu surrané:
en Italie, à la fin du mois d'avril 2008, au moment où la municipalité de Rome
passe politiquement à droite, grâce notamment à la promesse faite aux riverains
d'expulser les Tsiganes de la cité, à Assise, la ville de Saint-François, saint
des pauvres par excellence, le maire a adopté un arrêté interdisant la mendicité...
Quand comprendra-t-on que le meilleur moyen de commencer à lutter contre la
pauvreté est d'arrêter de la produire: Vas, vis, deviens... Le 7e art
vient à la rescousse de nos consciences maltraitées. Après Ingelezi
(de F. Dupeyron, 2003) qui retraçait le périple d'un clandestin en quête ultime
et acharnée d'un Royaume Uni et de son étrange rencontre avec une française
rencontrée " en route ", De L'autre côté (2007), superbe film germano-turc
de Fatih Akin, dépeint quant à lui les périples et les relations charnelles
mais tumultueuses entre l'Allemagne et la Turquie sur fond de drame kurde. Il
montre ces liens humains qui lient et relient, sans négliger ces autres liens,
économiques et politiques, qui enferment ou aveuglent, hypothéquant un peu plus
le sort des exilés meurtris. Une Turquie privée d'Europe est un Vieux
Continent qui décline un peu plus... Cédric Klapisch, avec Paris
(2008), filme parmi une galerie de portraits celui d'un clandestin camerounais
- authentique clandestin devenu acteur de son rôle pour l'occasion - débarqué
dans la ville-lumière et à l'aube d'un nouveau parcours de combattant, après
celui de la traversée. Dans un monde où les migrations constituent une réalité
inéluctable, la question qui aujourd'hui se pose et s'impose n'est plus comment
endiguer les flux migratoires mais comment se préparer au mieux à les accueillir
et les gérer avec une réelle humanité: " Welcome "
donc... Mais, tout comme le beau et récent film éponyme, l'hospitalité
est dans nos contrées tempérées un peu tombée en
désuétude, mais heureusement pas pour tout le monde... Marie Ndiaye
a été bien accueilie à Berlin, l'ex-ville murée...
C'est aussi ce que nous dévoile admirablement Le Visiteur, film
de Thomas MacCarthy (2008), où l'on suit l'itinéraire d'un prof
de musique américain qui un beau jour découvre son appartement
squatté par une couple sénégalo-syrien en cavale: plutôt
que d'envisager la délation, le prof retrouve un sens à sa morne
existence par le biais de la rencontre avec l'Autre, les autres. Une rencontre
ici nourrie par la musique et le partage, et surtout le métissage culturel.
D'aucuns ont su saisir la chance et la richesse que révèle la
migration humaine et l'humaine immigration.
En 2010, le cinéma vient encore à la rescousse et il ne faut pas
rater, entre autres, les beaux films Liberté de Tony Gatlif et
Harragas de Merzak Allouache. Le premier retrace l'enfer des Roms sous
Vichy et dans les camps, le second retrace le périple actuel des Africains
entre les deux rives de l'Algérie et de l'Espagne. Un cinéma du
réel qui relie le passé au présent comme pour nous inviter
à ne pas oublier l'histoire des vaincus mais aussi à ne pas oublier
d'agir, ici et maintenant.
L'ouverture des frontières - en dépit de toutes les nouvelles
clôtures réputées infranchissables - est inévitable
à plus ou moins long terme. L'enjeu essentiel consiste désormais à se
donner les bons moyens de recevoir dignement les migrants d'ici et d'ailleurs.
Mais l'ouverture ne signifie pas l'abolition. Les barrières tombent mais
les frontières restent, même si elle reculent ou changent... C'est
avant tout l'horizon qu'il s'agit d'ouvrir et d'élargir. Plus que de
s'acharner - en vain le plus souvent - à faire tomber les frontières,
construisons plutôt des ponts et des passerelles entre les territoires
et les identités, entre les uns et les autres.
Manifestement, et cela commence à durer, la France éprouve des difficultés à occuper son premier rôle de Patrie des droits de l'homme. Depuis 2008, la France s'est dotée d'un nouveau Ministère des Colonies, pardon de l'Immigration, terme auquel le gouvernement a eu la mauvaise idée d'adjoindre celui de " Identité nationale ". Ce mélange-là, loin du métissage actif que nous préconisons, est sans doute explosif et en tout cas peu constructif. Et le débat lancé à l'automne 2009 par le ministre en charge (et dans les préfectures! lieux par excellence où il vaut mieux montrer patte blanche au niveau des papiers exigés par la sainte administration), ne peut que contribuer à instrumentaliser un débat biaisé d'emblée. En France comme ailleurs, nos identités, avant d'être nationales, sont avant tout plurielles. Rien n'est plus dangereux que de revendiquer " une " identité, car l'Un s'éloigne toujours du Divers, et l'être qui s'uniformise ainsi est propice au repli, à la séparation, à la ségrégation. Il porte en lui les germes de la réaction, et en cas de crise ou doute, ce sont les bas-fonds de l'extrémisme qui le guette. Qui ferment et enferment aussi. De fait, les identités sont riches et s'enrichisent lorsqu'elle s'agrègent, elles se figent et inquiètent lorsque, au contraire, elles excluent les autres identités, toujours voisines et parfois complémentaires. En attendant une hypothétique élévation de la conscience collective, relevons que discriminations, mépris, expulsions, charters, centres de rétention, jungle domestiquée, et autres voyages ou séjours non touristiques, sont le lot des " indésirables " de la République en mal de devenir, en panne de projet, et sans doute en pleine crise d'identité politique... Une République hélas incapable de penser demain avec tous et qui préfère panser aujourd'hui avec les choisis. Pourtant, ce n'est pas de sparadrap qu'on manque en ce moment mais plutôt d'idées novatrices et courageuses. Ensemble, les électeurs et les élus auraient grand intérêt à anticiper sur les temps futurs car le risque de ne pas monter dans le train d'une mondialisation des migrations internationales aux contours encore largement indéfinis grandit tous les jours un peu davantage...
Comme d'accoutumée, le statut de touriste
et celui de migrant ne se rencontrent guère, et surtout ne se valent
point. Sauf en cas d'exception. Comme au début de l'année 2008
lorsque deux touristes du Bénin, avec passeports en règle, visas Schengen et
même leur billet d'avion retour en poche, ont été arrêtés, brutalisés puis amenés
au centre de rétention, avant d'être libérés quelques jours plus tard... Erreur
de casting, délit de faciès aussi... Les tristes tropiques - Lévi-Strauss
est déjà loin - ont changé de visage, et même d"hémisphère.
Il reste que le tourisme s'impose au Sud par la force des choses et plus encore
par la volonté de découvrir - avec toute l'ambiguïté du terme - et par la possibilité
matérielle de s'en aller voir si chez les voisins l'herbe est plus belle ou
plus verte… A ce titre, on peut s'interroger si - schématiquement - le touriste
n'est pas au Sud ce que le nomade est au Nord, avec quelques différences de
taille, comme les suivantes:
1. Le touriste va dans les pays du Sud, avec son argent et son sentiment
de supériorité. Il exige être bien servi, il est donneur de tout, notamment
de leçons et de capital…
2. Le nomade arrive dans les pays du Nord, sans argent et avec un sentiment
d'infériorité. Il espère bien servir, il est demandeur de tout, notamment
d'asile et de papiers…
On ne peut être plus clair: mieux vaut être
donneur que demandeur. Les uns et les autres - touristes et nomades - traversent
les paysages sans se rencontrer, tout juste en s'apercevant de loin… Un terrible
phénomène de miroir qui prouve cependant la relativité du monde et des statuts
de chacun de ses habitants. En effet, et en principe, un nomade peut autant
espérer devenir un touriste qu'un touriste peut devenir bon gré mal gré un nomade.
La voie personnelle n'est pas immuable, et dans une vie on peut parfois être
l'un ou l'autre à des époques différentes. De plus en plus, de tels destins
sont à envisager. Ainsi va le monde... Finalement, le touriste est au
Sud ce que le nomade est au Nord, c'est-à-dire un voyageur, mais un voyageur
au statut clairement bien défini selon ses revenus bien plus que d'après ses
documents officiels, ses titres de gloire, ses origines ou même son lieu géographique.
Un exemple parlant: en dépit du cinéma médiatique de ladite
" guerre au terrorisme ", un riche Saoudien aura bien plus d'affinités et de
points/bien communs avec un riche Texan qu'avec un pauvre paysan yéménite ou
kabyle…
Au final, bien du chemin reste à parcourir pour que l'hospitalité
redevienne au goût du jour, pour que de l'écueil on parvienne,
demain, à l'accueil. Pour sortir de l'impasse.
Si ce numéro 6 de L'Autre Voie traite
tout particulièrement de trois " terrains " (les Inuit du Grand
Nord, la Crète et la Corse sur fond de " mur " Méditerranée),
il poursuivra le débat autour des nomadismes, des formes alternatives
de tourisme avec des exemples concrets au Mexique, en Kanaky plutôt qu'en
Nouvelle-Calédonie, au Brésil, au Maroc, ou en France avec l'essor
récent du Couchsurfing (un exemple contemporain pour repenser autrement
l'hospitalité), des situations touristiques problématiques où
voyage rime encore trop souvent avec mal-développement, comme en Papouasie
Occidentale (Papua) ou en Guyane française. Enfin, également au
sommaire, d'autres articles ou témoignages sur les pratiques buissonnières,
sans oublier un entretien avec Michel Le Bris, écrivain et patron du
Festival "Etonnants Voyageurs" de Saint-Malo.
Bonne lecture à toutes et à tous!
" Ce n'est pas
l'immigration qui menace ou appauvrit,
mais la raideur du mur et la clôture de soi "
E.
Glissant et P. Chamoiseau
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20
ans... (1989-2009) D'une
ville à l'autre, d'une époque à l'autre: il était
une fois un mur à Berlin... |
Berlin, février 2009 |
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Berlin, février 1990 |
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Berlin, 2009 |
Berlin, 1990 |
Berlin, 2009 |
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Berlin, décembre 1993 |
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Berlin, février 2009 |
Une ouverture d'un mur qui n'a pas fait disparaître l'exigence de nouveaux papiers officiels, passeports, visas, etc. |