Mick
Smith, Rosaleen Duffy, The Ethics of Tourism
Development, Londres,
Routledge, 2003, 194 p. L’objet de cet ouvrage est l’éthique dans le secteur du
tourisme et notamment dans la relations que
l’industrie du tourisme entretient avec l’univers du développement économique.
Les auteurs pointent les rapports étroits et souvent ambigus que stimulent
les valeurs esthétiques, commerciales, éthiques et sociales dans le
contexte du tourisme moderne. Sont ainsi passés en revue un nombre important
de dysfonctionnements liés au développement touristique, en particulier
dans les pays du Sud, mais pas seulement : le partage inégal des
richesses et aussi des recettes du tourisme, ou bien sûr les implications
dramatiques sur le plan éthique des formes contestables de tourisme
(folklorisation des traditions, circuits organisé
dans des pays totalitaires, le fléau du tourisme sexuel, etc.). De nombreux
exemples, notamment au Pérou, au Canada, dans divers pays d’Europe étaient
les analyses des auteurs, et les deux derniers chapitres sont consacrés
à la situation très précise du pour et du contre du « développement
touristique » au Belize et au Zimbabwe. Une des réussites indéniables
de cet ouvrage réside dans la manière d’avoir démontré que le tourisme
international – du fait de son importance économique – ne fait actuellement
pas assez l’objet de critiques argumentées. Et les auteurs de préciser
l’ampleur des dégâts constatés en maints lieux du globe essentiellement
liés à l’exportation des valeurs occidentales et à la perpétuation des
préjugés à l’égard des « autres ». Plus de réflexion critique
et plus de modestie dans les actes et pensées de nos contemporains voyageurs
amélioreraient incontestablement déjà la situation… Un tourisme alternatif
doit cependant émerger à long terme, et il s’agit d’œuvrer collectivement
en ce sens ; mais cela ne pourra se faire qu’avec de la modestie,
de la curiosité et de la patience, des vertus pas forcément très occidentales
en ce moment ! Un ouvrage fourni et très intéressant qui montre
l’urgence de considérer plus sérieusement la question éthique – en n’excluant
jamais les critiques et en (re)donnant la
parole aux principaux intéressés c’est-à-dire les populations autochtones
– dans le cadre du développement et du tourisme, à fortiori du dit développement
touristique. Franck Michel |
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