Centre de Recherche sur
le Voyage

18, rue des Orphelins 67000 Strasbourg - crvstrasbourg@yahoo.fr

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Façade rustique à Cuzco, Pérou

Présentation

Intégré au sein de l'Association " Déroutes & Détours ", le Centre de Recherche sur le Voyage (CRV) est né de la volonté de proposer dans l'Est de la France un organisme, d'études et de recherches, associatif et alternatif de référence dans les domaines des voyages, des mobilités et du tourisme. Pallier à un vide régional et proposer une ouverture à l'international, apporter une approche pluridisciplinaire (en sciences humaines et sociales) et de terrain sont des repères de notre action.

Le CRV est ouvert aux chercheurs individuels ou indépendants, universitaires, voyageurs, associations… bref à toute personne intéressée par le voyage et à ses divers tours, détours et contours.
Depuis sa création en 2004, la principale activité du CRV consiste à la publication de la revue annuelle (en ligne), L'Autre Voie (à découvrir sur le site).

 

Louxor, Egypte

 

Philosophie et raison d'être du CRV

 

Du bon usage des voyages via la pratique de l'ailleurs

Besoins d'ailleurs et art du déplacement, le voyage est aujourd'hui une mode, un désir et une réalité incontournable pour tous. Avec les progrès technologiques, les déplacements sont plus rapides et les voyages aussi. Voyager c'est " prendre la voie, la route ", voir, entendre, sentir, reconnaître, naître à soi, devenir, éveiller ses sens, bref vivre, se laisser emporter, chavirer pour mieux se retrouver, arpenter les chemins enrichissants du détour et souvent partir pour mieux revenir ! Le développement du tourisme ouvre, avec l'évolution des sociétés, de nouvelles formes " insolites et déformées " de voyages qui vont du cybertourisme aux nouveaux voyeurismes malsains de la misère des autres. Du voyage fugace, au séjour prolongé, il y a toujours l'imaginaire de l'ailleurs, avec le meilleur et le pire...

Le plus " grand " voyageur de notre temps est le touriste, arpenteur inlassable (et répétitif) des recoins de la terre à la recherche d'un exotisme bon marché. Des gens " font " un pays, un continent, en quelques jours, se transportant d'un coin à l'autre sans jamais " rencontrer " les populations locales, découvrant des paysages magnifiques, éludant les difficiles réalités quotidiennes des autochtones car trop enfermés dans les bulles du dépaysement.

Dans cette promotion de voyages aseptisés, les tours-opérateurs jouent un rôle non négligeable, transformant le monde en marchandise (alors qu'il ne l'est pas, comme on le sait bien !) et concourant fortement à la déliquescence des sociétés réceptrices. La dite démocratisation du voyage, la facilité des communications mènent à de nombreuses dérives (tourisme sexuel, pollutions, acculturations…) qui interpellent aujourd'hui non seulement les spécialistes de sciences humaines et les voyagistes dits " éthiques " mais également toutes les sociétés concernées.

Reformuler les imaginaires du voyage et ne pas fermer les yeux sur les méfaits du tourisme, participer à l'élaboration et à la promotion de chartes éthiques et autres codes culturels, tels sont quelques-uns des défis qui nous interpellent, pour un tourisme responsable, intelligent et durable. Mais pour que ces derniers termes conservent un sens, la tâche s'annonce difficile tant la commercialisation de la nature et du voyage va bon train sans se soucier de ceux qui se réfugient dans le dernier recoin d'une forêt…

Au-delà, mais aussi au-delà des mots, il s'impose l'idée d'un développement équitable, réellement solidaire, permettant aux sociétés émettrices et réceptrices de partager, de s'apprivoiser sans se détruire et de ne pas aller vers la fossilisation des cultures visitées au nom d'un exotisme abscons. Revenir à l'homme et sortir des logiques économiques strictes des voyagistes avides de bénéfices, pour que le voyage reste - ou devienne enfin - une histoire de décalages qui mènent à une meilleure découverte de l'autre et à une plus profonde connaissance de l'ailleurs. Le décalage a cela de commun avec la tangente : ils sont tous deux indispensables à la refondation du monde sur des bases plus humanistes, et non pas humanitaires… Le voyage est l'un des moyens d'y accéder, encore faudra-t-il parvenir à se débarrasser de ses mauvais usages et de ses nuisibles usagers. Ce qui est aujourd'hui loin d'être acquis et ne peut que nous conforter dans l'idée de revoir complètement la copie du voyage et de sa prétendue durabilité.

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Nouvelle-Orleans, Etats-Unis

 

Raisons d'agir du CRV

Promouvoir un autre " usage du monde "… Même en période trouble sur le plan géopolitique, le secteur du tourisme est en plein essor et nécessite, en vue d'un développement réellement plus équitable, de nouvelles structures de conseil, d'information, de formation et de recherche appliquée. Un autre regard aussi !

Une prise de conscience est perceptible chez les voyagistes et les voyageurs de la nécessité de changer nos manières de voyager, d'impulser un tourisme durable et responsable, mais tout cela reste souvent au niveau superficiel et du simple marketing : être dans l'air du temps tout en continuant des pratiques anciennes dévastatrices...

Au sein d'un pôle dynamique nous essayons d'aller vers une meilleure connaissance de l'autre et de l'ailleurs. Ce qui exige des modifications ou en tout cas des évolutions de nos imaginaires : partir, s'émerveiller, s'ouvrir à d'autres visions du monde, revenir à l'humain, arpenter les chemins du détour, tel est le voyage auquel nous vous convions.

Au sein du Centre de Recherche sur le Voyage (CRV), les travaux portent sur tout l'univers des voyages, le connu et l'inconnu de nos pérégrinations réelles ou imaginaires. Forcément donc seront abordés des thèmes voisins mais fondamentaux : développement, nomadisme, éthique, statut des minorités, environnement, questions des territoires et des identités, folklorisation et mondialisation, dominés ou dominants, errance ou flânerie, diasporas, réfugiés, etc.

Le voyage est devenu un produit de consommation banal au même titre qu'un yaourt ou un soda. Tout ce qui change ce sont les étiquettes et les emballages, le packaging, d'une agence à l'autre, le rêve est à votre portée, sans effort, à la conquête du monde. Les " TO ", mais aussi les médias, sont de véritables supermarchés qui vendent du rêve, emprisonnent, canalisent et orientent nos imaginaires (mais ne sous-estimons pas la " déresponsabilisation ", tragique esprit de notre époque, qui caractérise trop souvent les actes manqués de nos concitoyens voyageurs) ! Banalisation et appropriation de nos jours, par des TO peu scrupuleux et par une presse aguicheuse peu soucieuse de déontologie, dans un but commercial, des termes écotourisme, tourisme durable, responsable ou solidaire. Ces slogans commerciaux sonnent creux et ne sont que des faire-valoir permettant de lisser des positions en conservant les mêmes pratiques. L'emballage aux yeux du grand public change mais le fond reste le même. Personne n'est dupe. Ou presque…

Tels d'autres milieux devenus des chantres de la mondialisation dans ce qu'elle a de plus impérialiste, par exemple celui du cinéma ou celui de la publicité, l'univers en papier glacé des agences touristiques vend du terroir et de la tradition comme d'autres vendent de la moutarde (d'ailleurs également traditionnelle, au " vrai " goût du terroir)… La mondialisation a cela de terrible c'est qu'elle évince tout sens critique, tout argument, toute réflexion, elle surcharge en revanche la mémoire virtuelle des sbires de Gates seulement pour mieux vider la mémoire collective des ersatz d'humanités entrés dans le dernier round de résistance… La technologie ne vaut pourtant que si elle est au service des hommes, de même que la nature ne mérite pas d'être préservée ou transformée en parc national si c'est pour en chasser ses légitimes habitants forestiers et permettre à des fonctionnaires corrompus à s'enrichir encore davantage !

Prônant sans cesse les biens contre le Bien, à moins que le bien ne soit déjà devenu le Bien pour des millions de mondialisés inconscients de leur état aggravé de dociles domestiques, de consommateurs frustrés et cocufiés en permanence (il faudrait développer autour de l'opposition entre ceux qui ont du temps et pas d'argent et ceux qui ont l'argent mais pas de temps. Laquelle des deux " valeurs " seraient la mieux cotée en bourse ?), cette envahissante " globalisation " forme finalement des abrutis devenus des bêtes de la consommation (des cons sommés de consommer en quelque sorte !). Une bien triste évolution des civilisés que nous croyons encore être.

 

Gorges du Todgha, Maroc

 

Dans ce monde marchand, le voyage a plus que sa place. Hélas. Comment sortir du carcan monolithique sans chercher à s'accommoder de situations existantes (arrondir les angles) ? Comment sortir du carcan monolithique des belles plages, des paysages magnifiques, etc., sans se préoccuper, d'autant plus qu'on est en vacances, du sort des populations des pays visités (au mieux) ou traversés à grandes enjambées (au pire). Les TO exercent des métiers de connivence, relayés par le silence complice des voyageurs-consommateurs. Sans doute d'abord consommateurs et ensuite voyageurs… Souvent, ils se transforment en servants (business oblige !) des pires régimes autoritaires qui affament leurs peuples pendant que les comptes bancaires drainent leurs capitaux douteux et pourtant fruits - certes plutôt pourris - du sacro-saint " développement touristique "…

Va-t-on laisser capter et capitaliser nos imaginaires sans réagir ? Tout est une histoire de décalages, de détournements… Le pire c'est toujours lorsque l'injustice s'affranchit illégalement de son préfixe ; et le détournement ostentatoire et légalisé est un fléau sans nom. Exonéré par les ultras libéraux, le détournement est en certains lieux de la planète un acte de bravoure accompagné d'une grande audace qui voue à son auteur estime et reconnaissance de la part de gens victimes de la pauvreté, évidemment exploitée par d'autres… Dans les villages reculés d'Asie ou d'Afrique, un nanti corrompu aux yeux de tous vaut bien mieux sur la tragique échelle des valeurs humaines que le pauvre démuni de tout mais honnête. Car trop pauvre ? Pas évident du tout, même si les abus en silence de la marche libérale écrasent les résistances plus rapidement qu'elles ne s'ébauchent…

Comme le cauchemar est un mauvais rêve, le détournement est un détour qui tourne mal : si le détour est la fine fleur du voyage, le détournement de fonds, de gens, de situations, d'un Boeing, est la mauvaise herbe du déplacement, même pas du voyage.

Ce court texte, menant du détour au détournement, ne doit son existence que pour montrer à ceux qui en douteraient encore que le voyage et la politique sont bien plus liés qu'on ne le pense. Et qu'on ne se rend pas en Birmanie comme on va au cirque du coin. Ou dans les musées d'art à Gênes durant une manifestation anti-mondialisation. Mais comme toujours dans l'histoire, il y a des voyages qui valent plus la peine que d'autres. Chacun comprend cela à sa façon, parfois très opposée : Pizarro ne revient pas du Pérou comme Gide retourne d'URSS. Fanon, Leiris et Stanley ont tous voyagé en Afrique sans jamais découvrir le même continent. Mais plus que les paysages qui diffèrent, ce sont nos regards et nos actes qui nous distinguent les uns des autres. Le voyage est un miroir grossissant de nos comportements d'êtres humains, ce en quoi il constitue un formidable outil au service de la recherche scientifique, d'un " développement " qu'on aimerait voir durable, et des humanités en général…

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Carnaval à Venise

 

Objectifs

 

Défricher, comprendre, analyser, sensibiliser, agir

- Sortir des logiques marchandes strictes et remettre de l'humain dans nos voyages

- Mettre du politique dans nos déplacements, en considérant que nous voyageons certes pour notre bon plaisir, mais aussi pour infléchir et changer les mauvais comportements que nous observons

- Favoriser des logiques de solidarité et non de charité (humanitaire) entre les populations émettrices (considérées comme riches) et les populations réceptrices des pays du Sud

- Faire émerger des pratiques du tourisme qui profitent, à part égale, aux autochtones, qui prennent également en main leur propre gestion touristique sur leurs terres

- Constituer un pôle alternatif et associatif regroupant des citoyens du monde en provenance de divers horizons socioprofessionnels dans le but de faire émerger une parole nouvelle (non monolithique) permettant un meilleur respect des uns et des autres, ainsi que l'élaboration d'actions constructives allant dans le sens de l'interculturalité active et participative

- Constituer un réseau actif de correspondants, en France et à l'étranger, de chercheurs, de bourlingueurs, d'institutions, d'acteurs flânant autour du voyage

 

Survivre au quotidien à Puno, Pérou

 

Axes et projets

 

Dans le but de saisir à la fois à vif et dans la longue durée des problématiques variées et d'y répondre de manière efficace, nos axes de recherches seront intégrés, en fonction des partenariats, à des projets abordés sous différents angles.Chaque projet intègrera :

- des actions de recherche fondamentale et appliquée

- l'organisation de rencontres-débats, voire de projections, d'expositions et de diverses animations culturelles

- la mise sur pied de groupes de discussions permanents

- la disposition d'un fonds documentaire rassemblant plus de 5.000 titres traitant peu ou prou du voyage et des mobilités

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Pris sur le vif...

 

Quelques thèmes retenus depuis 2004...

Liste non exhaustive. Selon les enjeux, des appels à chercheurs seront lancés

 

- Les zoos humains : hier, aujourd'hui, demain ?

- Transformations sociales, tourisme nature et écologie politique

- Le voyage comme thérapie ?

- La route, mode d'emploi

- Marchandisation des imaginaires du voyage

- Les voyages de la dérive contre les voyages décalés

- Arts primitifs et trafics civilisés : comment les premiers parviendront-ils à résister aux seconds ?

- Rites et pratiques des nomadismes

- L'Europe vue par le reste du monde

- Evolutions du tourisme en Afrique

- Orient-Occident, destins croisés

 

Pour l'instant, nomadisme oblige, l'activité principale du CRV réside à la publication de la revue annuelle, L'Autre Voie (en ligne).

Contact chez Franck Michel, responsable du CRV : crvstrasbourg@yahoo.fr

 

Chaussée des Géants, Irlande du Nord

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