Actualités du Projet BALI
Bibliothèque
associative et promotion de la lecture pour tous
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2012 |
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Quelques
évolutions et changements à compter de 2011 et la situation à
l'automne 2012
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Depuis le 1er janvier 2011, le Projet BALI se focalise sur la bibliothèque associative et la promotion de la lecture pour tous. Nous ne proposons plus de visites dans les écoles
du village en raisons des perturbations que celles-ci peuvent ou pourraient
occasionner ici ou là, pour les cours, les élèves,
les professeurs, le directeur... |
Depuis le 1er septembre 2011, un responsable permanent pour gérer la bibliothèque a été engagé: il est Balinais, originaire du village et s'appelle Gede Arjana. Désormais, il a en charge le prêt des ouvrages, la gestion et l'entretien de la bibliothèque, ainsi que la promotion du lieu et le suivi des relations avec les lectrices et lecteurs de la région de Wanagiri. Donc, si d'aventure vous passez par la bibliothèque vous risquerez fort de le croiser ainsi d'ailleurs que le responsable local de l'association, chargé lui plutôt des relations avec les voyageurs de passage, Nengah Suriata. |
Après près
de huit ans d'existence, cette modeste bibliothèque poursuit son travail
de fond:
inciter et encourager
les enfants comme les adultes à se plonger dans les bouquins ou seulement
à découvrir, pas à pas, les joies de la lecture.
En 2012, il y a en moyenne
5 ou 6 personnes par jour qui viennent fréquenter le lieu, mais la plupart
des lecteurs (surtout des lectrices) arrivent sur place,
rendent, empruntent et repartent chez eux avec des ouvrages en poche ou dans
la sacoche (ou plutôt sur la moto)...
A l'automne 2012, environ 3500 livres - la plupart publiés en langue indonésienne - sont rangés sur les étagères de la bibliothèque.
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REMARQUE
Si vous voulez découvrir la modeste bibliothèque de Déroutes & Détours, à Wanagiri, et emporter à cette occasion avec vous quelque chose pour le projet de l'association, le mieux est vraiment d'acheter des livres en indonésien sur place - ouvrages pour petits et grands, l'idéal étant des romans pour adolescents ou encore des livres sur Bali & l'Indonésie! - et non pas d'apporter dans vos bagages des stylos et autres cahiers ou matériel scolaire (il y en a assez ou en tout cas ce n'est pas une priorité; l'apprentissage de la lecture et le droit à un meilleur choix de livres si!)... Au sud de Bali, vous trouverez par exemple les magasins Gramedia Bookstore à Denpasar et à Kuta, et aussi Ary's Bookshop et surtout Ganesha Bookshop à Ubud. Pour le choix des livres à acheter, n'hésitez pas à demander l'avis à vos guides, à vos amis balinais ou encore de faire appel à votre imagination. Merci d'avance! |
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Pourquoi la promotion de la lecture et le développement de la bibliothèque
à Wanagiri ?
Dans cette partie montagnarde et rurale de Bali,
l'accès au savoir est difficile et les livres sont rares. Il faut surtout connaître
le contexte local : à Buleleng, au nord de Bali, et surtout dans le coin de
Wanagari (souvent dans les nuages et perché à 1400 mètres!), le simple fait
de lire est un acte souvent perçu dans les foyers comme étant plus subversif
que pédagogique ! En effet, à 10 ou 15 personnes, enfants et adultes, réunies
le soir dans une pièce mal éclairée, et devant une télé souvent allumée, il
est difficile pour celle ou celui tenté par la lecture de s'isoler du groupe,
tout comme il est rare d'avoir chez soi à la fois une lampe correcte et des
livres intéressants… Lire au calme est un véritable défi! Et ensuite,
il faut trouver des livres...
La bibliothèque permet à quelques-uns de se fournir en livres, de les emprunter,
bref de se plonger dans les pages et découvrir un autre monde, que ce soit pour
le plaisir de lire ou pour celui d'apprendre. L'expérience de ces huit dernières
années a démontré que certains livres (BD, mangas, romans d'amour, etc.) sont
davantage sollicités que d'autres - et jouent ainsi le rôle de " produits d'appel
" vers d'autres lectures - puis, progressivement, certains habitants, surtout
des lycéens, enseignants et autres adultes (des prêtres locaux hindous
notamment), se tournent vers d'autres livres, d'autres univers culturels et
intellectuels. Ces lectrices et lecteurs s'étonnent parfois de découvrir, dans
les rayons de la modeste bibliothèque, des auteurs indonésiens et/ou balinais,
autrefois interdits et aujourd'hui largement méconnus voire oubliés...
Comme Pramoedya Ananta Toer - ou " Pram " pour les intimes -, le romancier indonésien
le plus connu, emprisonné sous Suharto et désormais - il est mort en 2006 -
réhabilité (une bonne nouvelle... mais finalement peu de gens lisent son oeuvre);
mais aussi par exemple Putu Oka Sukanta, un écrivain et poète de la région,
dont les écrits sont à nouveau accessibles et réédités
(une autre bonne nouvelle); et puis il y a aussi toute la littérature " mondiale
" (de Barthes ou Sartre à Orhan Pamuk ou...au Kama Sutra), jadis en grande
partie mise à l'index par le pouvoir en place et qui aujourd'hui, massivement
traduite en indonésien, (ré)apparaît avec bonheur aux quatre coins du pays.
L'objectif de cette bibliothèque est donc non seulement
de proposer des livres d'enfants, des contes balinais et autres légendes asiatiques,
des livres sur les diverses cultures indonésiennes et sur l'identité balinaise,
d'autres traitant de la religion hindoue ou des spiritualités orientales, ou
encore des livres d'histoire nationale et de politique internationale, mais
également des publications trop longtemps censurées ou jetées dans les oubliettes
de l'histoire d'une dictature en mal de propagande…
N'oublions pas non plus que cette partie nord de l'île a particulièrement souffert,
lors des événements tragiques de 1965-66, du simple fait que les habitants étaient
plus pauvres, souvent issus de castes plus basses et plus facilement attirés
par les sirènes marxistes. Jusque dans les années soixante, il existait à Buleleng
une réelle vie intellectuelle, des revues littéraires, des poètes engagés, etc.
Tout cela a brutalement disparu avec l'établissement de l'Ordre Nouveau cher
au général Suharto. Ce dernier a, durant 32 longues années et sous couvert de
" développement ", posé une chape de plomb sur le pays et bien sûr dans cette
région défavorisée de Bali, moins rentable touristiquement et plus inquiétante
politiquement… Les habitants se sont tus car le régime a construit des routes,
apporté de l'électricité et d'autres formes de progrès, en particulier la télévision,
toujours prête à diffuser la bonne parole idéologique… Au fil du temps, les
villageois ont perdu le goût de lire et avec lui celui de réagir contre les
injustices, ils se sont - comme un peu partout en Indonésie - contentés de s'enrichir
en silence, laissant de côté le savoir et la connaissance critique pour des
jours meilleurs.
Aujourd'hui, la donne a profondément changé : le gouvernement indonésien est l'un des plus démocratiques (avec quelques bonnes réserves tout de même, surtout que depuis 2010 des signes inquiétants apparaissent: pressions politiques, influences des militaires et des islamistes, autocensure, nationalisme rétrograde, etc.) du continent asiatique et, en l'espace de dix ans seulement, l'une des presses d'Asie les plus scellées est devenue l'une des plus libres. Cela en dépit des réserves mentionnées. Cette situation a ouvert une (belle) brèche, mais rien n'indique que cela durera longtemps... Déjà des signes d'épuisement apparaissent, d'aucuns estimant que la démocratisation a des limites, surtout lorsqu'il s'agit du Savoir... Mais, en attendant, la brèche reste ouverte, des traductions de titres célèbres pullulent et une véritable scène littéraire indonésienne émerge au fil des ans... Notre objectif est de profiter de cette éclaircie culturelle voire de ce durable renouveau littéraire. Ainsi, des maisons d'éditions indonésiennes, souvent modestes et relativement indépendantes, sont de plus en plus nombreuses à se lancer dans l'aventure du livre. Une excellente nouvelle qu'il importe de promouvoir. Des fictions originales, des essais courageux - critiquant notamment la corruption ou revenant sur ce terrible passé qui ne passe pas - et bien entendu des traductions en indonésien d'œuvres majeures ou critiques, anciennes ou récentes, arrivent peu à peu sur les étagères des trop rares librairies du pays, cela pour le plus grand bonheur des habitants de cet immense archipel (même si pour l'heure cette mini révolution littéraire concerne essentiellement l'île de Java, où se concentrent les universités et les intellectuels). Un autre but de notre petite association est d'accompagner cette contagion du savoir à d'autres îles, à commencer par Bali, et aussi le monde rural et montagnard. Certes, le défi est considérable mais, à nos yeux, le jeu en vaut largement la chandelle! Parmi les freins, réels, qui relativisent la portée de cet enthousiasme, on peut signaler: d'abord, le prix des livres est cher pour les autochtones (dans une île où la pauvreté ne cesse d'augmenter!), ensuite les habitants ne connaissent généralement pas l'existence de ces parutions ou de ces nouvelles traductions, enfin l'absence de "culture du livre" est délicate à combler et cela prend beaucoup de temps, exigeant donc non moins de patience... C'est précisément là où 32 ans de dictature - mais aussi de développement à la mode Suharto - ont lessivé toute argumentation critique contre le pouvoir et la société.
Notre modeste projet entend simplement proposer des livres pour comprendre, agir et aussi réagir s'il le faut. L'enjeu consiste à promouvoir des savoirs utiles à tous, pour comprendre le monde et se préparer à mieux y vivre, avec plus de tolérance et d'échanges. Et pour que les Indonésiens continuent aussi à se mélanger... et même, comme les Français savent si bien le faire, à un peu plus s'intéresser aux affaires des autres. N'oublions pas que les mentalités évoluent moins rapidement que l'économie ou même la politique, et que les anciens réflexes - issus du temps mauvais de l'Ordre Nouveau - ont encore cours à la montagne ou à la campagne : certains ne lisent toujours pas car il n'y aurait pas de livres intéressants, seulement des ouvrages consensuels ou de propagande, d'autres n'osent pas se plonger dans des lectures qui pour eux symbolisent la rébellion et la contestation... Pourtant un esprit critique et même de contestation est aussi le ferment vital de toute démocratie digne de ce nom.
Au final, le but de la bibliothèque est d'offrir l'opportunité à celles et à ceux qui le souhaitent de lire autre chose que ce qu'ils ont l'habitude de lire (ou relire, ou de ne pas lire), que ce soit à l'école, au lycée ou dans les très rares bibliothèques existantes… La formation intellectuelle, collective ou autonome, n'est l'apanage ni de l'Occident, ni des hautes castes (balinaises) ou des nouveaux riches (indonésiens), et tout le monde devrait pouvoir avoir accès à ce bien universel qu'est le savoir : un droit en principe pour tous... La lecture est un premier pas décisif vers la liberté.
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Coordonnées
deroutes@yahoo.fr - www.deroutes.com
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en France... Informations sur Déroutes & Détours: Association Déroutes & Détours Franck Michel & Joël Isselé Siège & Revue L'Autre Voie N° Siret : 453 519 522 00016 |
à Bali... Adresse Déroutes & Détours en Indonésie: Yayasan Déroutes & Détours Pak Nengah & Gede Yayasan Déroutes & Détours Mail: deroutes@yahoo.fr |
POUR ALLER PLUS LOIN ET SUR L'ORIGINE DU PROJET: 2004-2010
Un
petit rappel des buts et des débuts...
Bibliothèque
et scolarisation à Wanagiri: 2007-2010
Entamé en 2004, ce micro-projet consiste à soutenir - de façon
modeste mais pérenne - la scolarisation au nord de Bali en promouvant notamment
la lecture grâce à la mise en place d'une petite bibliothèque en milieu rural,
dans le village de montagne, à mi-chemin entre Bedugul et Munduk, qui s'appelle
Wanagiri. En langue balinaise, " wana " signifie " forêt " et " giri " signifie
" montagne ". Un village donc bien nommé si on se voue à la géographie du lieu
!
Depuis le 1er septembre 2007, tout en poursuivant notre action sur place avec nos amis en France et à Bali, et les fidèles partenaires associatifs habituels, nous avons souhaité développer plus intensément le projet en commun avec Bali Autrement. Cette collaboration, à la fois amicale et efficace, a porté une nouvelle fois ses fruits en 2008, et plus encore en 2009, avec un soutien concret aux deux écoles voisines et l'achat de plusieurs centaines de livres en indonésien dans le but d'alimenter le stock de la bibliothèque au village.
Depuis ces dernières années, les
deux priorités du Projet Bali de l'association Déroutes & Détours sont les suivantes
:
- la promotion de la lecture dans la région de Buleleng, et l'achat de livres
pour la bibliothèque de l'association à Wanagiri, en sollicitant la participation
des villageois (instituteurs, écoliers, parents, etc.) au bon fonctionnement
de la bibliothèque, et bien sûr en renouvelant régulièrement le stock d'ouvrages
existant, en fonction de la demande de prêts toujours croissante depuis ces
dernières années.
- l'aide concrète plus soutenue à plusieurs
établissements scolaires intégrés au projet (en particulier 2 écoles
primaires) ; il s'agit, entre autre, de l'école qui se trouve non loin de
la bibliothèque, et par conséquent aussi la plus visitée par des touristes étrangers
de passage.
Ces prochains mois, des fonds serviront notamment à l'achat de bancs et de tables
pour les élèves, ainsi que de travaux de rénovation (murs, toit...).
Nous n'oublions pas cependant de soutenir, plus modestement (essentiellement
en apportant - via les membres de l'association sur place exclusivement - du
matériel scolaire, cahiers, stylos, etc.), les cinq autres écoles de la région
liées au projet (deux écoles primaires, un collège, un lycée, une maternelle).
Mais la priorité est maintenant allouée aux deux premières initiatives, en voici les principales raisons :
Pourquoi la promotion de la lecture et le développement de la
bibliothèque à Wanagiri ? (voir
plus haut)
Dans cette partie montagnarde et rurale de Bali,
l'accès au savoir est difficile et les livres sont rares. Il faut surtout connaître
le contexte local : à Buleleng, au nord de Bali, et surtout dans le coin de
Wanagari (souvent dans les nuages et perché à 1400 mètres!), le simple fait
de lire est un acte souvent perçu dans les foyers comme étant plus subversif
que pédagogique ! En effet, à 10 ou 15 personnes, enfants et adultes, réunies
le soir dans une pièce mal éclairée et devant une télé allumée, il est difficile
pour celle ou celui tenté par la lecture de s'isoler du groupe, tout comme il
est rare d'avoir chez soi à la fois une lampe correcte et des livres intéressants…
La bibliothèque permet à quelques-uns de se fournir en livres, de les emprunter,
bref de se plonger dans les pages et découvrir un autre monde, que ce soit pour
le plaisir de lire ou pour celui d'apprendre. L'expérience de ces deux dernières
années a démontré que certains livres (BD, mangas, romans d'amour, etc.) sont
davantage sollicités que d'autres - et jouent ainsi le rôle de " produits d'appel
" vers d'autres lectures - puis, progressivement, certains habitants, surtout
des lycéens, enseignants et autres adultes, se tournent vers d'autres livres,
d'autres univers culturels et intellectuels. Ces lectrices et lecteurs s'étonnent
parfois de découvrir, dans les rayons de la modeste bibliothèque, des auteurs
indonésiens et/ou balinais, autrefois interdits. Comme Pramoedya Ananta Toer
- ou " Pram " -, le romancier indonésien le plus connu, emprisonné sous Suharto
et désormais - il est mort en 2006 - réhabilité ; mais aussi par exemple Putu
Oka Sukanta, un écrivain et poète de la région, dont les écrits sont à nouveau
accessibles ; et puis il y a aussi toute la littérature " mondiale " (de Sartre
à Orhan Pamuk), jadis en grande partie mise à l'index par le pouvoir en place
et qui aujourd'hui, massivement traduite en indonésien, (ré)apparaît avec bonheur
aux quatre coins du pays.
L'objectif de cette bibliothèque est donc non seulement
de proposer des livres d'enfants, des contes balinais et autres légendes asiatiques,
des livres sur les cultures indonésienne et l'identité balinaise, d'autres autour
de la religion hindoue ou des spiritualités orientales, ou encore des livres
d'histoire nationale et de politique internationale, mais également des publications
trop longtemps censurées ou jetées dans les oubliettes de l'histoire d'une dictature
en mal de propagande…
N'oublions pas non plus que cette partie de l'île a particulièrement souffert,
lors des événements tragiques de 1965-66, du simple fait que les habitants étaient
plus pauvres, souvent issus de castes plus basses et plus facilement attirés
par les sirènes marxistes. Jusque dans les années soixante, il existait à Buleleng
une réelle vie intellectuelle, des revues littéraires, des poètes engagés, etc.
Tout cela a brutalement disparu avec l'établissement de l'Ordre Nouveau cher
au général Suharto. Ce dernier a, durant 32 longues années et sous couvert de
" développement ", posé une chape de plomb sur le pays et bien sûr dans cette
région défavorisée de Bali, moins rentable touristiquement et plus inquiétante
politiquement… Les habitants se sont tus car le régime a construit des routes,
apporté de l'électricité et d'autres formes de progrès, en particulier la télévision,
toujours prête à diffuser la bonne parole idéologique… Au fil du temps, les
villageois ont perdu le goût de lire et avec lui celui de réagir contre les
injustices, ils se sont - comme un peu partout en Indonésie - contentés de s'enrichir
en silence, laissant de côté le savoir et la connaissance critique pour des
jours meilleurs.
Aujourd'hui, la donne a profondément changé : le gouvernement indonésien est l'un des plus démocratiques du continent asiatique et, en l'espace de dix ans seulement, l'une des presses d'Asie les plus scellées est devenue l'une des plus libres. De même, les maisons d'éditions indonésiennes, souvent modestes mais indépendantes, sont de plus en plus nombreuses, et des traductions en indonésien d'œuvres majeures ou critiques, anciennes ou récentes, pullulent avec un grand bonheur au sein de l'archipel, à Java notamment. Hélas, deux soucis relativisent la portée de cet enthousiasme : d'abord, le prix des livres est cher pour les autochtones, et ensuite les habitants ne connaissent généralement pas l'existence de ces nouvelles traductions… D'autant plus que les mentalités évoluent moins rapidement le l'économie ou la politique, et que les anciens réflexes ont encore cours dans la montagne ou la campagne : certains ne lisent toujours pas car il n'y aurait pas de livres intéressants, seulement des ouvrages consensuels ou de propagande, etc.
Le but de la bibliothèque est d'offrir l'opportunité à celles et à ceux qui le souhaitent de lire autre chose que ce qu'ils ont l'habitude de lire (ou relire), que ce soit à l'école, au lycée ou dans les très rares bibliothèques existantes… La formation intellectuelle, collective ou autonome, n'est l'apanage ni de l'Occident, ni des hautes castes ou des nouveaux riches, et tout le monde devrait pouvoir avoir accès à ce bien universel qu'est le savoir : un droit en principe pour tous...
Pourquoi soutenir l'école primaire SDN2
de Wanagiri plutôt que d'autres du même coin ?
Cette école, située à 50 mètres du local associatif de la bibliothèque, a été la première a avoir été soutenue dès le début du projet en 2004. Depuis 2007, un nouveau directeur, plus dynamique que le précédent, est aux commandes de l'établissement qui accueille tous les ans davantage d'élèves. A la rentrée 2007-08, ils étaient 154 pour un total seulement de 6 instituteurs… En 2009-2010, les effectifs ont légèrement augmenté. Mais, toujours, les infrastructures, tout comme les enseignants, manquent à l'appel: le toit ou les fenêtres demandent réparation, les murs des 6 classes existantes recevraient volontiers de la peinture fraîche et un peu de décoration, et les salles de nouveaux bancs et chaises, etc. Dans la salle des profs, la table de réunion où sont empilés les dossiers est une table de ping-pong…
Depuis 2006, c'est surtout cette école qui accueille le plus souvent les voyageurs de Bali Autrement. Ces derniers visitent les classes et rencontrent les élèves, discutent avec le directeur ou les enseignants, prennent des photos, etc. Il nous a par conséquent semblé logique, à Déroutes & Détours comme à Bali Autrement, de compenser cette relative " perturbation " des cours par des aides concrètes afin d'améliorer les conditions de travail des écoliers et du personnel enseignant. Avec l'accord de toutes les parties concernées, l'aide ainsi allouée, en réponse aux visites régulières de cette école primaire, représente une forme d'échange que nous espérons la plus équitable possible.
Fonctionnement et gestion de l'aide
A compter du 1er septembre 2009, nous avons affiné notre mode de fonctionnement avec les villageois et les établissements scolaires concernés. Désormais, une fois par an (en juillet), un responsable de l'association reverse le montant des sommes récoltées - grâce aux dons des touristes, en particulier des clients de Bali Autrement, qui est au demeurant le seul voyagiste en ce moment autorisé à amener des clients visiter les écoles voisines - aux deux directeurs des écoles primaires de Wanagiri (SDN1 & SDN2), en charge ensuite - avec l'antenne locale de Déroutes & Détours - de mener à bien les projets ou procéder aux achats de matériel, etc. En même temps, en juillet de chaque année, un important achat de livres viendra compléter l'approvisionnement - régulier mais modeste - qui aura lieu tout au long de l'année grâce aux dons de livres de certains touristes bien avisés.
Tout l'argent donné à Déroutes & Détours lors d'un passage au local de la bibliothèque à Wanagiri sera entièrement reversé pour l'aide matérielle des écoles et pour l'achat de livre en "bahasa indonesia". Au demeurant, les personnes ayant offert un don signent dans un cahier sur place, puis se verront systématiquement recevoir - en retour de la somme versée - un reçu attestant de la transaction opérée, tout comme d'ailleurs le guide de Bali Autrement qui les accompagne. Il est à noter que des voyageurs individuels, francophones en général (souvent arrivés jusqu'à Wanagiri grâce à un encadré sur "Les livres de la liberté" paru dans l'excellent "Natural Guide Bali", édition 2009), contribuent également, certes occasionnellement, à soutenir l'association, en apportant des livres en indonésien ou en faisant un don.
Cela dit, l'argent qui servira à l'achat des livres
proviendra notamment d'un don de Bali Autrement au cours de chaque été. D'autre
part, les visiteurs de l'école et de la bibliothèque sont invités, s'ils le
désirent, à rapporter directement des livres en indonésien (pour petits et grands)
à la bibliothèque de l'association.

Enfin, pour les affaires d'école (cahiers, stylos, cartes, etc.) collectées
au fil de l'année, c'est l'association qui rassemble toutes les affaires pour
ensuite distribuer et répartir équitablement l'ensemble de la collecte dans
les diverses écoles intégrées au projet. Il faut impérativement éviter d'apporter
personnellement des affaires d'école et les distribuer directement aux élèves
ou aux enseignants lors des visites organisées ou spontanées des écoles. Egalement,
et même si l'intention première est louable, il faut veiller à ne jamais donner
instantanément de l'argent au directeur ou aux instituteurs d'une école ! Merci
pour votre vigilance sur ces points.
Concernant le projet autour de la promotion de
la lecture, à terme, notre souhait est que les Balinais s'approprient toujours
plus le projet et se sentent chez eux lorsqu'ils lisent dans le local de l'association
qui fait office de bibliothèque. Rappelons ici que la responsable du Projet
Bali est Kadek Darmini (à Bali et en France), relayée sur place par notre coordinateur
local, Nengah Suriata, chargé d'accueillir les touristes étrangers (lorsqu'il
est disponible), d'assurer le suivi et la visite des écoles, etc. Par ailleurs,
les deux autres responsables de la bibliothèque à Wanagiri sont Iluh Ayu Ernawati
et Made Dwi Ariyaningsih (Arik), mais souvent absentes pour (bonne) raison universitaire!
Depuis 2010, un grand merci enfin à Fred pour sa présence, son
coup de main et ses idées!
NOTE: pour en savoir encore plus sur la genèse
du projet, les détails,
le contexte local et le rappel des actions menées précédemment à Wanagiri,
lire ci-dessous
* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *
Genèse et évolution du projet Projet BALI
Soutien
aux écoles à Buleleng (2005-2007)
Parrainage d'une lycéenne - Promotion de la lecture
Printemps-été 2007

Attroupement spontané devant l'objectif, école primaire de Wanagiri
(SDN1)
Actions pour soutenir les écoles, promouvoir la lecture et l'apprentissage
des langues, bref favoriser une meilleure scolarisation au nord de l'île de
Bali en Indonésie
Ce micro-projet annualisé, qui a débuté au cours de l'été 2004, consiste à entreprendre des actions concrètes pour soutenir la scolarisation à Bali-Nord et promouvoir la lecture grâce à la mise en place d'une petite bibliothèque en milieu rural (région de Buleleng, et en particulier dans le village de Wanagiri). Des voyages de deux mois minimum sur place sont effectués chaque année (en été notamment) pour réaliser le projet et superviser les actions en cours.
Pour l'année 2006-07, six partenaires
balinais et français pour une initiative modeste mais efficace:
- Bali Autrement, Kerobokan, Badung, Bali
- Association Intercommunale du Pays de Hanau, Ingwiller, Alsace
- Association Alsacollections, Sélestat, Alsace
- Cardek, centre socioculturel de la Krutenau, Strasbourg
- Lion's Club, Saverne, Alsace
- Guide Wavetrotter Bali, Marseille
Responsable du Projet Bali (Alsace et Bali):
Kadek Darmini
Coordinateur local pour assurer le suivi sur place, notamment pour l'accueil
des touristes et la visite des écoles: Nengah Suriata
Chargée de la gestion de la bibliothèque à Wanagiri:
Iluh Ayu Ernawati
Quatre types d'actions réalisées localement:
- soutien matériel et financier à six écoles (Wanagiri, Pancasari
et Sambirenteng)
- développement d'une bibliothèque pour les enfants/habitants de Wanagiri
- parrainage d'une lycéenne, Arik, actuellement scolarisée à
Singaraja
- promotion de la lecture, enseignement du français et sensibilisation
aux problèmes écologiques
Actions menées en Indonésie, au nord de Bali,
en faveur des populations rurales, oubliées du tourisme international et/ou
exclues de la mondialisation…
Qui ?
Les porteurs du projet, mis en place au printemps 2004, sont respectivement
Franck Michel, anthropologue et directeur de l'association Déroutes &
Détours, et Kadek Darmini, membre de l'association. Depuis l'été 2005,
il existe une antenne balinaise de Déroutes & Détours, afin de mieux gérer les
opérations et les rencontres sur place. Elle a été ouverte à Wanagiri, dans
le village où se trouve également notre bibliothèque (créée en juillet 2005).
Déroutes & Détours BALI a pour principal objectif d'assurer le suivi des actions
dans la région, de répartir équitablement les diverses donations (argent, fournitures
et matériel scolaires, etc.) apportées et offertes par les amis de l'association
et les clients de Bali Autrement, un de nos partenaires sur place pour favoriser
la scolarisation de cette région d'Indonésie. Depuis l'été 2006,
la responsable du Projet Bali (France et Indonésie) est Kadek Darmini,
originaire du village et résidant toujours plusieurs mois par an sur
place. Tout au long de l'année, notre coordinateur local est Nengah
Suriata. C'est lui qui accueille les visiteurs et sert de lien entre l'association
et les différentes écoles de la région. Il habite à Wanagiri
même et s'occupe également de faire visiter certaines écoles aux
voyageurs de passage, notamment aux clients de Bali Autrement. Bref, Pak
Nengah est la personne que vous rencontrerez si vous souhaitez vous rendre
dans ce village lors d'un séjour à Bali, pour soutenir nos actions et pour visiter
l'une des écoles inscrites dans notre projet. Depuis l'été 2006
aussi, l'entretien et la gestion de notre modeste bibliothèque reviennent
à une lycéenne du village, et plus précisément de
la famille: Iluh Ayu Ernawati. En fin de scolarité, Iluh
se destine aux métiers du tourisme et espère décrocher
l'année prochaine un emploi dans la restauration, dans le coin si possible...
Actuellement, six associations ou entreprises touristiques
sont des partenaires actifs du Projet BALI:
- Bali Autrement, Kerobokan, Badung, Bali
- Association Intercommunale du Pays de Hanau, Ingwiller, Alsace
- Association Alsacollections, Sélestat, Alsace
- Cardek, centre socioculturel de la Krutenau, Strasbourg
- Lion's Club, Saverne, Alsace
- Guide Wavetrotter Bali, Marseille
En 2006-07, douze personnes ressources sont directement concernées
par le projet BALI:
- Franck Michel, directeur de l'association Déroutes & Détours, Alsace et
Bali
- Kadek Darmini, responsable du suivi du Projet Bali, association Déroutes
& Détours, Alsace et Bali
- Nengah Suriata, coordinateur de Déroutes & Détours à Bali, chargé de
l'accueil et des visites à Wanagiri, Bali
- Iluh Ayu Ernawati, chargée de la gestion de la bibliothèque
à Wanagiri, Bali
- Made Dwi Ariyaningsih (Arik), lycéenne parrainée, actuellement
scolarisée à Singaraja, Bali
- Laurent Zingraff, directeur de l'AIPH, Ingwiller, Alsace
- Edouard Jehl, président de l'Association Alsacollections, Sélestat, Alsace
- Manuel Santiago, directeur du Cardek, Strasbourg
- Grégory Delforge, co-responsable de Bali Autrement, Denpasar, Bali
- Robert Hinderer, président du Lion's Club de Saverne, Alsace
- Bruno Savio et Nicolas Rousson, responsables guide Wavetrotter Bali, Marseille
À signaler également pour leur collaboration:
- les chefs d'établissements scolaires de Wanagiri, de Pancasari et de Sambirenteng
- les familles balinaises et les proches des jeunes parrainés à Buleleng
- les collaborateurs, les membres et les amis de l'association qui continuent,
ensemble et chaque année, à œuvrer pour la réussite et le développement du projet
- les amis de Bali et d'ailleurs, et les clients de Bali Autrement qui visitent
le village et soutiennent chaleureusement le projet et les écoles du coin
- les partenaires et leurs amis ou membres qui habitent Sélestat, Saverne, Strasbourg,
le pays de Hanau ou Marseille, et qui sont intéressés par notre projet en Indonésie
- les artistes et les autres personnes qui ont soutenu - et continuent de le
faire - notre action, et ont offert ou acquis des œuvres pour le projet BALI

Des filles plus calmes que
les garçons... Pendant la récréation, école primaire
de Wanagiri (SDN1)
Pourquoi?
ORIGINE DU PROJET BALI
Fondé sur le partage des cultures et l'échange de sourires comme de savoirs, ce projet se veut avant tout éducatif, il a résolument une vocation plus humaniste qu'humanitaire.
Rattaché à la préfecture de Buleleng au nord de l'île indonésienne de Bali, le petit village de Wanagiri s'étend tout en longueur sur l'axe routier reliant Denpasar au sud à Singaraja au nord. Le lieu est intégré dans la zone dite " touristique ", et se trouve à 6 km au nord du lac Bratan, haut-lieu du tourisme national et international, en milieu montagnard et forestier. Perché à 1000 mètres d'altitude, le village longe une route de crête surplombant les lacs Buyan et Tamblingan. Cette région, où se trouve la dernière forêt primaire de l'île, est devenue depuis une décennie le terrain de jeu favori pour de nombreux randonneurs venus du monde entier. Les habitants voient passer des touristes mais ne profitent pas ou très peu de cette manne économique. Sur la crête, à Wanagiri, il y a en effet une route asphaltée et les randonneurs viennent ou repartent avec un véhicule, s'arrêtent un bref instant pour faire des photos, et poursuivent leur chemin en direction de Lovina Beach (au nord) ou Bedugul (au sud).
Ici, contrairement à d'autres lieux balinais, les habitants vivent encore essentiellement de l'agriculture (cultures maraîchères, production locale de café, culture des fleurs - hortensia notamment - pour les offrandes religieuses, mais absence de riziculture) dont les rendements restent maigres, et ne suffisent pas à faire vivre une famille. Au nombre environ de 1500, les habitants de Wanagiri figurent parmi les oubliés et les exclus du développement à la fois économique et touristique qui prolifère à seulement 3 km au sud (les environs du lac Bratan et Buyan) et 15 km au nord (la ville de Singaraja et le littoral). Le milieu rural et montagnard, à l'écart des flux touristiques " consommateurs ", n'en fait qu'une voie de passage obligée entre le nord et le sud. Certains habitants ne manquent pas de faire observer qu'ils ne reçoivent du tourisme et de la modernité que la pollution des véhicules et les déchets jetés sur la voie… De ce fait, le village de Wanagiri reste un lieu défavorisé dans une zone de prospérité touristique : une épine au cœur du paradis. La conjoncture nationale et internationale n'incite pas non plus à l'optimisme sur le plan local.
" L'île des dieux " ou " l'île aux dix mille temples ", comme la décrivent les voyagistes du monde entier vit aujourd'hui davantage du tourisme que de l'agriculture. Mais les laissés-pour-compte du développement touristique survivent difficilement au quotidien dans un environnement devenu singulièrement précaire et incertain au cours des six ou sept dernières années. Une crise d'identité (voire religieuse) s'est récemment encore ajoutée aux crises économique et politique qui ont dévasté l'archipel indonésien après la crise financière de l'automne 1997 puis la fin mouvementée de la dictature de Suharto en mai 1998.
A Bali, l'attentat du 12 octobre 2002, dont le bilan s'est élevé à 202 morts, n'a fait qu'empirer une situation générale déjà fortement compromise sur le plan économique, social et politique. Le secteur du tourisme a profondément souffert de la montée (somme toute relative) d'un terrorisme islamiste régional, et en particulier des conséquences désastreuses (notamment en terme d'emplois) de l'attentat de Kuta, centre névralgique du tourisme de masse au sud de l'île. En effet, l'industrie du tourisme a été gravement atteinte après 1998 et bien plus encore après le 11 septembre 2001 et surtout le 12 octobre 2002. Et puis le SRAS et la guerre en Irak... Et, in fine, le Tsunami du 26 décembre 2004 et puis, comme si cela ne suffisait pas, un nouveau triple attentat à Bali (Kuta et Jimbaran) le 1er octobre 2005... Sans parler du virus de la grippe aviaire et de la terre qui a encore tremblé à Yogyakarta en 2006... L'archipel indonésien n'en finit plus de compter ses catastrophes! Cela fait beaucoup, beaucoup trop, surtout lorsque le tourisme international s'est malheureusement imposé comme monoculture à exporter et à vendre à tout prix.
Récemment, le chômage a atteint des proportions extrêmement alarmantes, et les populations les plus fragiles et démunies sont - comme toujours - les plus touchées. Partout à Bali, d'anciens guides touristiques, des serveurs ou des restaurateurs, des cuisiniers ou des chauffeurs, des employés des hôtels luxueux ou encore des pensions bon marché, sont retournés au village familial et tentent autant que possible de revivre chichement des produits des jardins et des rizières. Une métamorphose sociale dont les jeunes générations sont les premières victimes, d'autant plus qu'elles n'ont pas été préparées ni bien sûr averties de ce retour brusque et forcé à la campagne… Un " retour " il est vrai parfois aussi salutaire et bénéfique pour tout le monde, mais souvent difficile à assumer pour les jeunes concernés ! En effet, le salaire moyen d'un instituteur n'atteint pas les 25 euros mensuels, le salaire est encore bien moindre pour ceux qui travaillent la terre ou sont employés dans les divers " petits boulots " de la région. Comment s'étonner de la difficulté pour un jeune de retourner suer dans les champs - ou plus bas dans les rizières - après avoir connu " l'argent facile " (parfois…) en ville, avec ses bars, ses jeux, ses hôtels, ses bons et mauvais plans, ses touristes, et bien sûr ses illusions de richesse et de consommation avec le fantasme d'un enrichissement personnel qui serait rapide et durable… Sans négliger non plus le problème de la corruption qui reste récurrent, tant en milieu urbain que rural… A part les mirages urbains de la modernité trop facile, il existe aussi pour les jeunes balinais en quête d'avenir l'opportunité qu'offre la plage - ces fameuses plages guère immaculées dont le reflet de l'océan ne miroite pas seulement le soleil couchant mais aussi la misère sociale issue des inégalités Nord-Sud - garnie de ces visiteurs venus d'ailleurs qui finissent toujours par repartir avec leurs sous et leurs rêves... Les Balinais restent, bonne ou mauvaise saison touristique, et finissent toujours quant à eux à revenir dans leur village plus ou moins perché sur un flanc de volcan... A Bali, lorsque les touristes boudent l'île, c'est toute l'économie locale et même nationale qui en souffre... Triste conséquence du poids trop élevé du tourisme international dans la balance des politiques nationales, en Asie comme ailleurs...
Dans ce contexte de délabrement du tissu social et économique, le système éducatif souffre de la précarisation et de la paupérisation des populations qui n'ont plus les moyens financiers de base pour envoyer leurs enfants à l'école. Ainsi, la situation scolaire se détériore-t-elle suite à la croissance de la pauvreté qui s'opère partout en Indonésie. Mais aussi en raison du miroir aux alouettes que renvoie l'image d'un Occident, nanti et vautré dans la consommation faussement facile et heureuse...
A Wanagiri, l'une des deux écoles primaires (SDN2) est certes un établissement public mais le terrain n'appartient pas directement à l'Etat. Dans cette région, hélas, la spéculation avec sa corruption rampante rapporte davantage que l'éducation. Ainsi, en 2004, l'école n'avait-elle pas reçu le minimum d'aide financière fournie par le gouvernement aux écoles... publiques ! Le chef d'établissement, désemparé, ne savait plus où donner de la tête ! Par ailleurs, les frais d'inscription mais également les fournitures et les livres scolaires restent hors de prix pour de nombreuses familles du village. Le propriétaire du terrain envisageait de récupérer le lieu, mais en 2005 un sursis a été obtenu, c'est déjà ça... L'école ne fermera pas dans l'immédiat, mais la situation reste fragile : cet établissement accueille et scolarise environ 170 écoliers en 2004.
Les Balinais, jeunes et adultes, ne possèdent souvent pas les formations requises pour occuper des positions dominantes, ils sont souvent relégués à des postes subalternes, plus culturels et de moindre importance stratégique, politique et économique. De plus, avec la paupérisation endémique, les carences scolaires en matière d'acquisition des savoirs se font plus criantes, accentuant de la sorte les disparités et le fossé déjà grandissant entre différentes catégories : pauvres et riches, basses et hautes castes, étrangers et locaux, etc. Les besoins sont multiples mais ceux relevant du strict domaine éducatif sont essentiels dans cette région à forte présence touristique. De graves dégradations ont été constatées au cours des années 1998-2005. Parmi ces dernières, la menace bien réelle d'un essor tragique du tourisme sexuel n'est pas la moindre. Devant ces craintes, la scolarisation puis la formation des jeunes constituent une priorité pour penser l'avenir autrement, sous le signe à nouveau de l'optimisme, et poser les premiers jalons d'un renouveau tant économique que politique, susceptibles de faire oublier 35 ans de dictature et d'éducation placée sous contrôle. C'est aussi pourquoi l'une des priorités de notre projet consiste à promouvoir la lecture - et donc les livres - auprès des enfants et des habitants de la région.
Une autre priorité concerne aujourd'hui la protection de l'environnement, mis à rude épreuve ! Le Projet BALI souhaite également, progressivement, sensibiliser les autochtones aux questions écologiques : ramassage et gestion des déchets, prise de conscience sur les effets destructeurs sur les milieux naturels, responsabilisation individuelle et actions collectives, respect de la nature, etc. Des mesures et des actions, certes urgentes, mais qui prendront inévitablement beaucoup de temps avant d'être entendues, appliquées, intégrées, seront ainsi lentement mises en place… Au cours de l'été 2005 et du printemps 2006, des opérations " nettoyage " des déchets (notamment plastique…) ont été organisées par certains habitants de la commune de Wanagiri sur notre initiative. Un premier pas prometteur pour une prise de conscience collective plus durable…
Jeune " démocratie " en proie à de nombreux doutes et d'immenses difficultés, l'Indonésie cherche encore sa voie dans une conjoncture globale aussi tendue qu'incertaine. Et la province d'Aceh - suite au Tsunami - est venue occuper tous les esprits et vider toutes les bourses, avant que ne survienne au printemps 2006 le dévastateur et meurtier tremblement de terre dans la région de Yogyakarta, sur l'île voisine de Java...
A Bali, à Aceh, à Java, comme ailleurs, une scolarisation pour tous et une meilleure formation des jeunes constituent des réponses concrètes - et certainement urgentes - pour enrayer le marasme actuel, préparer tout en ré-imaginant l'avenir à partir de nouvelles bases, assurer l'autonomie des personnes et l'indépendance des institutions. Bref, franchir une nouvelle voie - une autre voie est toujours possible ! - en retrouvant, pour demain, le chemin de l'école pour tous.

Partout, les couleurs nationales,
rouge et blanc, école primaire de Wanagiri (SDN2)
Où? Quoi?
DOMAINE D'INTERVENTION & LOCALISATION GEOGRAPHIQUE
Le domaine d'intervention de ce projet, initié en 2004, est l'éducation et la formation dans une petite communauté villageoise, agricole et démunie, située au cœur de l'archipel indonésien, dans l'île de Bali, touchée de plein fouet par l'attentat d'octobre 2002 et, plus récemment, par les conséquences indirectes des dramatiques tsunami (Aceh) et tremblement de terre (Java) qui ont ravagé l'ouest de l'archipel indonésien. La région est, depuis ces multiples faits marquants auxquels il faut encore ajouter l'épidémie de grippe aviaire, boudée par les voyageurs, et les conséquences sont graves sur l'emploi dans le secteur touristique. Le projet concerne les établissements scolaires tout comme les opérateurs et les entreprises touristiques, mais il s'adresse en priorité aux habitants de Buleleng en général et de Wanagiri en particulier. Il s'inscrit dans une démarche globale d'échange culturel entre la France et l'Indonésie, plus précisément entre l'Alsace et Bali, et nourrit une forte volonté d'aide à la scolarisation des enfants défavorisés du nord de l'île (trop) dévouée aux aléas du tourisme international.
Localisation géographique du projet :
Pays : Indonésie ; Province : Bali ; Département : Buleleng (Bali-Nord)
; District : Sukasada ; Village : Wanagiri.

Comment? Quels objectifs?
Après trois années aux bilans modestes mais résolument positifs, les objectifs réalisés sur place ont été menés avec succès grâce au soutien et à la détermination de tous. Il s'agit actuellement de pérenniser cette opération en continuant à soutenir ces six écoles, en parrainant désormais une lycéenne, et en promouvant la lecture par le biais de la mise en place de la bibliothèque, tout en suivant de près l'évolution de la situation - scolaire, touristique, économique et politique - sur place à Bali. Pour mener à bien ces objectifs et en assurer un bon suivi, un voyage en Indonésie au moins est programmé chaque année.
Pour l'année 2006-07, il s'agira pour nous de poursuivre
en priorité les quatre actions suivantes :
- soutien matériel et financier à six écoles (Wanagiri, Pancasari
et Sambirenteng)
- développement d'une bibliothèque pour les enfants/habitants de Wanagiri
- parrainage d'une lycéenne, Arik, actuellement scolarisée à
Singaraja
- promotion de la lecture, enseignement du français et sensibilisation
aux problèmes écologiques
Si en 2004 et en 2005, ce Projet BALI a été essentiellement financé
grâce aux recettes d'une vente aux enchères d'œuvres d'art, généreusement offertes
par de nombreux artistes sensibles à nos actions, le mode de recherche de financement
a un peu changé à partir de l'été 2005 et plus encore pour 2006.
Désormais, l'apport des dons est essentiellement associatif et local, grâce
d'une part aux contributions matérielles et financières des " compagnons
de route " de l'association et, d'autre part des clients de Bali Autrement
intéressés par le sens de notre action qui visitent régulièrement quatre écoles
intégrant notre projet (deux écoles primaires, un collège et un lycée). En 2006
aussi, Alsacollections, une association qui réunit un groupe de collectionneurs
passionnés de Sélestat, nous a soutenu financièrement, suite à une vente aux
enchères organisée par l'association. Depuis le printemps 2006, le Cardek
(centre socioculturel de la Krutenau) récupère des livres auprès des écoles
et des familles strasbourgeoises du quartier de la Krutenau (où est également
domicilié le siège social de Déroutes & Détours) qui sont ensuite distribués
dans les écoles de Bali ou viennent garnir les étagères de la bibliothèque du
village de Wanagiri, créée en juillet 2005. Enfin, en avril 2006, une grande
fête populaire organisée par l'AIPH à Bouxwiller
(avec au programme de la danse balinaise!), suivie d'une soirée à
Saverne animée par le Lion's Club de la région, ont fortement
contribué à soutenir les actions de l'association.
Par ailleurs, l'argent récolté de la sorte en France, ou à Bali
au cours des visites touristiques (ou encore à d'autres occasions, opération
" cartes postales " gérée par l'AIPH ou aide grâce à la vente des guides
Bali Wavetrotter notamment), est réinvesti de la manière suivante et de
trois façons différentes:
1) 50% servant pour l'achat de livres pour la bibliothèque de Wanagiri
(surtout pour les 6-18 ans, et principalement en langue indonésienne, avec quelques
ouvrages en balinais, anglais et français), directement gérée par l'antenne
balinaise de Déroutes & Détours. Celle-ci est ouverte à tous les enfants et
habitants de la région.
2) 50% servant pour l'achat de matériel et de manuels scolaires pour les
six établissements scolaires s'inscrivant dans le Projet Bali (les fonds
pouvant également servir pour payer les frais de rénovation des bâtiments, l'achat
de bancs ou de tables, ou encore régler les frais de réfection des sols, comme
ce fut le cas en automne 2004 pour une école primaire de Wanagiri, ou de rénovation
du toit en 2006).
3) Sans oublier la somme entre 250 et 400 euros annuels pour le parrainage
de Made Dwi Ariyaningsih (Arik), lycéenne de Wanagiri poursuivant
ses études à Singaraja, et souhaitant plus tard devenir médecin.
Last but not least, nous faisons également appel aux dons privés et à la générosité d'éventuels mécènes séduits par le concret de nos actions en Indonésie et/ou par nos activités rédactionnelles ou événementielles réalisées tout au long de l'année au sein de Déroutes & Détours. Car l'association ne s'arrête pas au seul Projet Bali !
Concrètement, la pérennisation du projet consiste dans
l'immédiat à nous engager à soutenir les six établissements scolaires de la
région de Buleleng, à poursuivre le développement de la bibliothèque mise en
place en juillet 2005 à Wanagiri, à parrainer une lycéenne balinaise
(Arik) jusqu'à la fin de sa scolarité, de soutenir les autres actions menées
sur place par l'association (promotion de la lecture auprès des habitants et
des écoles, sensibilisation à l'environnement et opérations de nettoyage, etc.).
En 2006-07, l'accent est particulièrement porté - si les finances
évidemment le permettent! - sur deux établissements (parmi les
six intégrés au projet): il s'agit d'une école primaire
de Wanagiri (SDN1) et d'un lycée de Pancasari (SMA Swasta).
Des échanges entre ces deux établissements scolaires et d'autres
en Alsace, de Bouxwiller et d'Ingwiller (via l'AIPH) et de Strasbourg (via le
Cardek), sont actuellement à l'étude, en partenariat avec les
habitants, les enseignants et les élèves.
Remarquons enfin qu'en cas de budget restreint en 2007, la priorité des quatre
actions citées sera donnée aux deux premières (soutien aux six écoles
et projet bibliothèque). D'avance, merci tant à nos partenaires qu'à nos
donateurs, pour le soutien aux enfants de cette région et à l'éducation à Bali.
En résumé, pour aider l'association et en particulier le Projet Bali, voici
les sept différentes possibilités:
- en visitant directement, en individuel ou avec Bali Autrement, le village
de Wanagiri (école et famille), et en soutenant (en argent, en livres, etc.)
sur place le projet par l'intermédiaire de notre coordinateur sur place, Nengah
Suriata. Arriver le matin, s'arrêter au panneau "Déroutes
& Détours", et demander Pak Nengah, Jl. Bedugul, Desa Wanagiri
(voir photo du panneau et adresse à la fin de ce document).
- en acquérant une œuvre d'art - photos, toiles, etc. (via notre partenaire
l'AIPH qui s'occupe d'écouler les oeuvres en stock).
- en acquérant un objet lors d'une prochaine vente aux enchères organisée par
l'association Alsacollections à Sélestat, ou encore par l'AIPH ou le Lion's
Club de Saverne.
- en achetant des cartes postales (via l'AIPH, voir rubrique "Actualités").
- en déposant des livres au Cardek (place des Orphelins à Strasbourg) en précisant
bien qu'il s'agit pour le projet Bali mené par Déroutes & Détours.
- en achetant le guide Wavetrotter Bali pour les voyageurs tentés par
le surf à Bali.
- en faisant un don de soutien directement à l'adresse de Déroutes & Détours
en France et/ou en adhérant tout simplement à notre association.
Pour celles et ceux qui souhaiteraient connaître la genèse et donc revenir aux commencements : cf. Projet Initial BALI, printemps-été 2004
Un grand merci de la part de Déroutes
& Détours aux cinq stagiaires - Olivia, Lola, Alexia, Laurence
et Justine - qui, en 2006, ont directement participé sur place
à la gestion et au suivi des actions, notamment en enseignant aux enfants
de Wanagiri les premiers rudiments de la langue française... Bref, terima
kasih banyak (en indonésien) ou matur suksma (en balinais).
Et comme toujours, merci beaucoup pour l'accueil si chaleureux et la disponibilité
remarquable que nous ont réservés les familles, les villageois
et les écoliers de Wanagiri...

En route pour l'école!
18 juillet 2005, tandis que les élèves en Europe sont en vacances,
c'est à Bali en Indonésie le jour de la rentrée des classes.
Ici à l'école primaire de Wanagiri (SDN2)...
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en France... Informations sur Déroutes & Détours: Association Déroutes & Détours Franck Michel & Joël Isselé Siège & Revue L'Autre Voie N° Siret : 453 519 522 00016 |
à Bali... Adresse Déroutes & Détours en Indonésie: Yayasan Déroutes & Détours Pak Nengah & Gede Yayasan Déroutes & Détours Mail: deroutes@yahoo.fr |
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REMARQUE... RAPPEL!
Si vous voulez découvrir la modeste bibliothèque de Déroutes & Détours, à Wanagiri, et emporter à cette occasion avec vous quelque chose pour le projet de l'association, le mieux est vraiment d'acheter des livres en indonésien sur place - ouvrages pour petits et grands, l'idéal étant des romans pour adolescents ou encore des livres sur Bali & l'Indonésie! - et non pas d'apporter dans vos bagages des stylos et autres cahiers ou matériel scolaire (il y en a assez ou en tout cas ce n'est pas une priorité; l'apprentissage de la lecture et le droit à un meilleur choix de livres si!)... Au sud de Bali, vous trouverez par exemple les magasins Gramedia Bookstore à Denpasar et à Kuta, et aussi Ary's Bookshop et surtout Ganesha Bookshop à Ubud. Pour le choix des livres à acheter, n'hésitez pas à demander l'avis à vos guides, à vos amis balinais ou encore de faire appel à votre imagination. Merci d'avance! Et très bonne visite! |