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La soirée WAYANG à Strasbourg

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la soirée du 23 avril 2004



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Photos soirée Wayang, 23 avril 2004 à Strasbourg (photo : Dédé)

Spectacle indonésien WAYANG

23 avril 2004 - 19h30 Eglise Sainte-Madeleine, Krutenau, Strasbourg

Coordinateur du projet : Franck Michel

Un spectacle culturel unique à Strasbourg !

En présence de l'Ambassadeur de la République d'Indonésie en France

L'ART INDONESIEN DE LA MARIONNETTE

LE WAYANG

proclamé par l'UNESCO en 2003 " Chef d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité "

 

Le wayang (ombre, silhouette : monde des apparences) est une esthétique appliquée à la représentation des épopées mythiques tirées du Ramayana et Mahabharata indien, en sculpture, peinture, marionnettes, masques, théâtre dansé de la gestuelle des marionnettes (Wayang Wong). Elle s'est étendue à quantité d'autres littératures locales. Marionnettes en rond de bosse et en bois ou wayang golek

L'ART DU WAYANG

Parmi la multitude de formes artistiques présentes dans l'archipel indonésien, celles que l'on rencontre à Java et à Bali sont les plus aisément identifiables. Et parmi celles-ci, le Wayang - kulit, golek, klitik, gedhok, etc… -, représentation théâtrale dont les personnages se présentent sous la forme de marionnettes en deux ou en trois dimensions, est la plus connue. Et parmi elles, les plus importantes sont le Wayang kulit, un théâtre d'ombres en deux dimensions, et le Wayang golek, un théâtre de marionnettes en rond de bosse à tige. Le Wayang met en scène les héros des mythologies indiennes du Ramayana et du Mahabharata passées au travers du prisme de la culture javanaise. Ces deux importantes œuvres littéraires de l'Inde forment en fait la base du répertoire de plusieurs théâtres de marionnettes de l'Asie. Il représente de nobles princes et princesses, des dieux, des démons, des prêtres et de sages clowns et les récits entremêlent combats et batailles épiques, rencontres amoureuses, leçons philosophiques et morales, bouffonneries, sans compter les satires de l'actualité locale, voire la propagande. Le Wayang est un théâtre qui a plusieurs fonctions, car même s'il divertit et fait rire, il a aussi, en même temps, un caractère sacré. C'est d'ailleurs souvent à l'occasion d'événements qui marquent un changement important dans la vie comme un mariage, une naissance, une circoncision ou des funérailles, qu'un spectacle de wayang sera présenté. Dans sa grande généralité, la représentation débute en début de nuit pour se terminer au lever du soleil. Tous, enfants et adultes y assistent. Les spectacles n'ont cependant pas toujours un caractère sacré prononcé. Des tournées internationales amènent aussi les dalangs de renom et leur troupe à se produire un peu partout dans le monde. Certains d'entre eux développent de nouveaux répertoires ou de nouvelles formes. Le wayang est donc une tradition vivante qui ne cesse d'évoluer et de se transformer. Aux côtés du wayang kulit et du wayang golek, il existe moult sortes de wayang qui se catégorisent tant par la forme et la matière dans laquelle ils sont faits que par le répertoire auquel ils se rattachent, la région ou la cérémonie pour laquelle ils sont joués. S'il est peint sur un rouleau de tissu que l'on déroule en racontant l'histoire, il s'appelle Wayang Beber. S'il se réfère au répertoire, il peut être Wayang Purwa, Wayang Gedhok. A une région, Wayang Sasak (Lombok); à une cérémonie : Wayang Ruwatan. A Bali, s'il est joué de jour il s'appelle Wayang Lemah, de nuit wayang Peteng, etc. Et bien que le Wayang, qu'il soit Kulit ou Golek, soit concurrencé par d'autres formes de spectacles plus modernes, il garde néanmoins son public car il est issu d'une communauté rurale et reflète encore sa façon de vivre, sa culture, ses aspirations et ses revendications.

LE DALANG

Le Dalang -''marionnettiste''-, est le maître incontesté de ce théâtre. Dans la tradition, le Dalang est le lien entre les dieux et les hommes. Il est l'homme orchestre du spectacle. Il est à la fois: manipulateur qui anime les ombres ou les marionnettes, conteur qui déclame et chante récits et poèmes, imitateur qui prête une voix différente à chaque personnage et improvise les farces et chef d'orchestre qui dirige l'orchestre (Gamelan) qui accompagne la représentation. Assis en tailleur face à l'écran, dos tourné aux spectateurs, il a, sur sa gauche, la caisse dans laquelle sont rangés les wayangs, en bois de teck, vide, d'une longueur de 150 cm, de 80 cm de largeur et de 60 cm de hauteur, sur la paroi droite de laquelle sont fixées une ou des plaques de métal (kepyak) qu'il frappe avec son pied droit pour créer des effets ou communiquer avec les musiciens, et sur sa droite le couvercle de celle-ci sur lequel sont posées les figurines entrant dans le récit. Il a à disposition deux ''maillets'' (cempala), de forme conique, qui servent eux aussi à frapper la caisse pour créer un effet sonore ou s'adresser aux musiciens. Le plus gros est tenu dans la main gauche, le plus petit tenu par le pied gauche, entre le pouce et le petit orteil et est utilisé lorsque ses mains manipulent les figurines. Une telle maîtrise ne vient qu'après un long apprentissage, ce qui fait, entre autres, que le dalang est un artiste très respecté. Il doit tenir l'attention des spectateurs pendant des heures entières et pour cela faire preuve d'un certain sens de l'humour. Par moments, il ajoute des plaisanteries et des actions comiques afin d'amuser l'auditoire et de relancer l'intérêt.

LE GAMELAN

Le Gamelan (du mot gamel : frapper) qui accompagne toute représentation est un ensemble instrumental composé d'environ 15 types d'instruments, principalement des percussions: des gongs, suspendus à un cadre, des métallophones/xylophones, (gender, demung, saron, kempul, slentheme, bonang, kenong, ketuk) généralement en bronze, reposant sur des caisses de résonance en bambou, un xylophone en bois (gambang), des tambours de différentes grosseurs (kendhang), cymbales. S'y ajoutent des instruments à vent : des flûtes (suling) et à cordes: cithares, rebab. Les musiciens (pengrawit) peuvent dépasser la vingtaine auxquels s'ajoutent chanteurs (gerong) et chanteuses (pesinden). Tout comme le dalang, ils sont assis en tailleur, face à leurs instruments, et toujours en costume traditionnel de la région dont ils sont originaires. La musique est polyphonique à deux gammes. Les trois tonalités dans lesquelles cette musique s'inscrit se sont identifiées avec la division tripartite d'une représentation de wayang.

LE WAYANG KULIT

Le Wayang Kulit - théâtre d'ombres - dont la présence sur l'île de Java est attestée au IXème siècle est une des formes les plus anciennes de spectacle connues de nos jours. Les figurines sont plates, découpées, finement ciselées dans du cuir de buffle, puis peintes et dorées. Elles sont soutenues par une tige en corne de buffle et les bras sont articulés à l'aide de baguettes. Cette forme de représentation utilise un écran (kelir) sur lequel l'ombre des figurines se projette. A sa base, deux troncs de bananiers (debog) dans lesquels les wayangs sont piqués. De part et d'autre de cet écran les wayangs du jeu complet que contient une caisse (environ 200 figurines) y sont plantés, dans un ordre de grandeur croissant en partant de la partie centrale, les ''bons'' à droite et les ''mauvais'' à gauche, dans un ordre immuable symbolisant l'opposition des contraires. Toutefois les personnages ne sont pas manichéens et les " Halus " ont des défauts alors que les " Kasar " ont des qualités. A une envergure de bras, et une main au dessus du dalang assis en tailleur, la source de lumière (blencong). L'ensemble fait de ce spectacle plus qu'une simple réjouissance. Son fond religieux, mystique, touche au plus profond de l'Etre. Il est le véhicule d'une très vieille tradition dont la finalité vise à élever le sens moral de chacun de ceux qui le regardent, jeunes ou vieux, humbles ou puissants. Toutes les créatures visibles et invisibles et toutes les dimensions d'interprétation de la littérature sont présentes dans le théâtre d'ombres Wayang Kulit.

LE KAYON " L'ARBRE DE LA VIE "

Pour signifier le commencement et la fin d'une représentation de wayang - mais aussi des émotions fortes, des changements de scène, représenter le feu, la terre, l'air, l'eau, les arbres, une atmosphère particulière -, le dalang utilise une figure appelée gunungan (montagne) où kayon (forêt), wayang le plus indispensable d'une représentation. Cet arbre de la vie est placé au centre de l'écran avant le commencement de la représentation, séparant les groupes de personnages disposés à la droite et à la gauche de l'écran. La méditation à laquelle se livre le dalang avant de donner le départ de la représentation et la façon de retirer le kayon du centre de l'écran sont liées à un symbolisme reliant les dieux du panthéon hindou à ce kayon. Traditionnellement, deux kayon sont utilisés dans une représentation. Le plus élancé est appelé Kayon Gapuran, celui de forme plus ronde Kayon blumbangan. Un rôle central est réservé au gapuran. Dans la partie basse du kayon gapuran, est ciselé un portail, avec sur sa droite et sa gauche, se faisant face, deux ogres jumeaux. Dan la partie haute, un arbre, un serpent enroulé autour du tronc. A gauche, un tigre, à droite un buffle qui se font face. Aux deux tiers, une tête de monstre avec deux yeux. Dans les branchages, des oiseaux, des singes, des insectes. Sur la face arrière sont peintes les flammes d'un feu. Dans la partie basse du kayon Blumbangan est ciselé un plan d'eau avec des poissons. En son centre, une tête de cyclope. Sur la face arrière, le bleu de l'eau ou du ciel répond au rouge du kayon gapuran. Le kayon suggère le monde idyllique des royaumes évoqués dans un lakon (pièce de théâtre de wayang) avant que les activités des hommes et des êtres surnaturels renversent l'équilibre qui prévalait. Arbre (kayon) et montagne (gunung) sont un seul et même symbole: l'arbre-montagne (gunungan ou kayon) représentant l'univers dans la culture hindou-javanaise.

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wayang, 23 avril 2004 à Strasbourg (photo : Dédé)

 

Informations sur le théâtre et l'art indonésien WAYANG

Le 7 novembre 2003, l'UNESCO a proclamé une liste des Chefs-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité. Dans cette liste composée de vingt-huit chefs-d'œuvre, venue compléter celle déjà proclamée au mois de mai 2001, l'art indonésien de la marionnette - le Wayang - a été distingué par l'UNESCO en tant que Chef d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité.

Cet art de la marionnette se rencontre principalement sur les îles de Java, Bali, Lombok, Madura, et dans une moindre mesure à Sumatra et dans le sud de Bornéo. Il se divise en deux catégories principales : les figurines plates (en deux dimensions) du théâtre d'ombre sculptées dans du cuir (Wayang kulit) projetées sur un écran éclairé et les marionnettes en bois en trois dimensions (Wayang golek, en rond de bosse) et en deux dimensions (Wayang klitik). Ces deux types, aux costumes et visages stylisés, munis de bras pivotants actionnés à la main à l'aide de bâtons, ont des dimensions, des formes et un style très variables. Durant la représentation, le maître-marionnettiste - le Dalang - manipule les marionnettes et assure les dialogues pendant que les musiciens et les chanteurs/chanteuses jouent des mélodies sur des métallophones (généralement en bronze) et des xylophones associés à des tambours au sein d'un orchestre appelé Gamelan.

Dans ses récits, le wayang met en scène des personnages empruntés aux mythes autochtones et aux anciennes épopées d'origine indienne, le Ramayana et le Mahabharata. La tradition du wayang s'est transmise oralement dans les cercles informels de marionnettistes, de musiciens et de fabricants de marionnettes. Jusqu'à maintenant les Dalang se doivent de mémoriser un vaste répertoire d'histoires et de réciter des passages narratifs de textes anciens et des chants poétiques de façon spirituelle et créative.

Le wayang se pratique depuis plus de dix siècles aussi bien à la cour des rois et des nobles javanais et balinais que dans les zones rurales, les temples, les théâtres ou encore à l'occasion de célébrations rituelles privées. Autrefois, les marionnettistes étaient des personnages érudits, cultivés et très respectés qui, par le biais du théâtre de marionnettes, transmettaient des valeurs philosophiques, morales et esthétiques à travers leur art. Les paroles et les actes de leurs créatures comiques qui incarnent "l'homme de la rue" offrent un moyen acceptable de critiquer les problèmes sociaux et politiques sensibles et cette aptitude particulière à dépeindre une réalité sociale changeante pourrait être une raison majeure de la persistance du wayang au fil des siècles.

Prix d'entrée

Adultes : 12 €

Etudiants et chômeurs : 6 €

Enfants (- 12 ans) : gratuit

Billetterie à la Krutenau

CSC de la Krutenau (Cardek) : 1, place des Orphelins - Tél : 03-88-37-30-73

Paroisse Sainte-Madeleine : Oratoire (derrière l'église) - Tél : 03-88-36-11-22

Librairie La plume d'ébène : 3, rue Jacques Peirotes - Tél : 03-88-36-94-81

La Poste Krutenau : 39, rue de Zurich - Tél : 03-88-24-74-74

Caisse à l'entrée de l'église, le soir du spectacle

 

Wayang, 23 avril 2004 à Strasbourg (photo : Dédé)

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